Les têtes couronnées, les fortunes et les grands noms du Tout Paris du début de siècle se sont croisés chez Maxim’s : Edouard VII, Boniface de Castellane, Marcel Proust, Feydeau qui écrivit « la Dame de Chez Maxim’s », Mistinguett qui y chanta « mon homme », le diplomate Ferdinand de Lesseps, l’exquise Yvonne Printemps, Sacha Guitry et son bel esprit, Tristan Bernard, Greta Garbo, Marlène Dietrich…
Toutefois l’époque la plus faste reste la décennie des années cinquante. Chaque soir Onassis, Callas, les Windsor, Martine Carol, le play-boy Porfirio Rubirosa, le cinéaste Max Ophuls, la richissime Barbara Huton, héritière des magasins Woolworth, alors mariée à Cary Grant. C’est le tout Hollywood qui dîne sur les banquettes de la grande salle.
Ces banquettes qui révèleront un trésor lorsqu’elles seront changées à la fin des années cinquante : les ouvriers chargés de les démonter découvriront médusés, glissés entre le dossier et l’assise, des louis d’or, des bagues, des diamants, des rubis, tombés des poches des élégantes en 1900 qui ne se donnaient jamais la peine de les ramasser sachant bien que le lendemain, elles en recevraient deux fois plus !
Dans les années 70, Brigitte Bardot provoquera un scandale en entrant pieds nus dans le restaurant. Sylvie Vartan danse avec John Travolta, l’on y apercevra Jeanne Moreau, Barbara Streisand, Barbara Hendrix, Kiri te Kanawa et Pierre Cardin.....
Un soir de 1981, Pierre Cardin se voit proposer par les propriétaires de Maxim’s, Monsieur et Madame Vaudable, qui l’avaient aimablement invité à dîner, de racheter leur restaurant séance tenante. Le lendemain, ils devaient signer avec une fortune d’Orient et cela les contrariait puisque, si tel était le cas, Maxim’s passerait dans des mains étrangères. Pierre Cardin, légèrement grisé par la soirée, accepte. Et le lendemain, il tint parole et signa...
Les soirées de Maxim’s rivalisent de fantaisie, Maxim’s s’ouvre au monde artistique contemporain qui adore son côté décalé et son atmosphère « si chic ». Alors que les branchés s’y rendent dans des tenues informelles, ils sont aficionados de ces serveurs en frac qui leur proposent un verre de façon si stylée. Les soirées karaoké ont conquis l’intelligentsia artistique qui s’est retrouvée mêlée, toutes générations confondues. L’affiche est exquise d’Alexander McQueen à Andréa Casighari, de Jean Michel Villemotte à Sophie Calle, Renée Fleming, Gloria Von Turn Und Taxi. Elle rappelle celle de l’ouverture de Maxim’s où se précipitaient de jeunes artistes comme Cocteau, Feydeau, Mistinguett, Proust ou Guitry.
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